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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:05

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Librairie Deloche

Suite au débat sur les livres de Jean-Pierre Frutos (au milieu) et de François Schachli à gauche

Pas à pas le terme de «gouvernance» s’est imposé dans la bouche des hommes politiques au pouvoir (presque comme une évidence). Je ne vais pas ici entrer dans le détail pour dire seulement ceci : il vient du management, il vient d’une pente glissante où la politique étant ramenée à la gestion, la gestion est réduite au modèle de l’entreprise. Loin de moi l’idée que le système de l’entreprise serait le mal, et que le bien serait du côté du service public. Au contraire, je pense que les améliorations dans la gestion d’une entreprise devraient bénéficier à tous mais sans s’imposer comme critère de LA POLITIQUE. Voici un élément du livre de François Schalchli sur la gouvernance qu’il évoque au moment où il est question du conflit nécessaire à la démocratie, conflit que la gouvernance doit évacuer :

 « Ces analyses concordent entre elles pour faire du conflit le point central et permanent de la démocratie. Elles peuvent diverger ensuite sur le niveau et genre de risque à prendre en matière de rupture, de menace d’éclatement d'une communauté politique en conséquence ou suite à un conflit ; sur le fait d'instituer des limites de l'extérieur ou de parier sur une auto-organisation collective. C'est là matières à débats, mais aucune ne prend la stabilité comme horizon.

    d) le contre-modèle de la gouvernance : quand conflit et pouvoir se dissolvent

Tout cela ne se met bien évidemment pas en place sans problème, car la stratégie de  tout pouvoir face à cette possibilité du conflit, sous les deux formes que nous avons analysées, s'affirme dans une logique constante d'extension et de monopolisation de ses prérogatives : il cherche à cette fin  en  général  à réduire, minimiser, voire masquer les conflits.

Dans l'actualité, nous sommes amenés, à côté de la montée de formes autoritaires, à voir se développer des pratiques de gouvernance suffisamment « intégratrices » des différents acteurs-partenaires pour empêcher les authentiques clivages et conflits.

Le concept de gouvernance remplace celui de pouvoir gouvernant ou de gouvernement : toutes les parties prenantes sont rassemblées dans une supposée égalité pour concourir à la conduite d'une action dans une orientation donnée. Toutes concourent et tout concourt « finalement » vers celle-ci, après concertation et dans une harmonieuse complémentarité ! Il y a au mieux à « s'ajuster » !

En conséquence, avec la gouvernance, on ne sait plus identifier le pouvoir : il n'est plus localisable, visible. »

 L’école de la bonne gouvernance c’est donc l’école où il faut masquer les conflits… au moment où les conflits s’imposent avec plus de force !

Le conflit, parents-enseignants ? Il est là d’évidence par le simple fait que le parent regarde son enfant (c’est normal) quand l’enseignant travaille avec le collectif groupe classe (qui change d’ailleurs chaque enfant !). La reconnaissance de ce conflit est la seule base permettant un travail fructueux entre parents et enseignants, car conflit ne signifie pas que toute collaboration est impossible. Chacun étant à sa place et la respectant, chacun peut s’épauler ! L’idée de la co-éducation de la FCPE entre dans l’idée de la bonne gouvernance. Travaillons ensemble et ceux qui ne veulent pas travailler ensemble sont les archaïques. Quand Sarkozy supprime toute formation pour les enseignants il confirme que ce n’est pas un métier et qu’en fait tout le monde est plus ou moins instituteur ce qui est un massacre non d’une compétence « enseignant » ou d’une technique pédagogique, mais d’un « savoir » car tout métier est source de savoir.

Le conflit enseignants-enfants ? Il est là d’évidence par le simple fait que l’enfant (même à 6 ans) a déjà une explication sur tout, explication qu’il va devoir remettre en cause pour accéder à la connaissance… et à ce cri joyeux du Euréka quand enfin après épreuves, il recolle les morceaux d’un savoir qu’il n’imaginait pas. Suis-je en train d’écrire que rien ne vient sans sueurs au front ? Conflit entre principe de réalité et principe de plaisir ? Bien sûr qu’on peut apprendre en s’amusant à condition d’admettre que s’amuser s’apprend aussi ! Si c’est dur d’apprendre, tout n’est pas dur tout le temps ! Y compris au sein même d’une journée. Comme l’indiquait très bien pour autre chose François Schalchli, aujourd’hui chacun vise le plaisir immédiat et refuse l’idée : « souffre pendant dix ans et après tu pourras profiter ! »

Le conflit enseignants-inspecteurs car dans l’institution éducation nationale, comme le releva quelqu’un, qui est légitime pour exercer le pouvoir ? Que dire d’enseignants qui en 2008 doivent expliquer aux parents que la suppression du mercredi matin c’est bon pour leurs enfants et qui cinq ans après doivent expliquer le contraire ? Dans le secteur privé la légitimité est plus simple à mesurer dans les comptes d’exploitation. Dans le monde du politique, gérer l’éducation en bilan comptable annuel c’est tuer le fondement du métier : bien des effets sont à long terme et doivent donc s’étudier avec des outils appropriés. Jean-Pierre Frutos insista sur le long terme. Ce conflit est plus admis que les autres car on sait qu’il y a d’un côté une « bonne parole » celle de la hiérarchie, et une autre disqualifiée, celle des enseignants. Je peux témoigner pour le peu de temps où j’ai été délégué du personnel, du mépris que la hiérarchie éprouve envers ceux qui sont sous ses ordres, mépris d’autant plus grand que finalement d’ordres ils ne peuvent qu’en donner très peu !

Et le conflit école-société qui est dans le titre et le livre de Jean-Pierre Frutos ? Comment ne pas admettre que la société impose ses règles à l’école ce qui fait que quand la gouvernance devient le masque du gouvernement, il devient aussi le masque de l’école ? J’ai évoqué le modèle inavoué des USA (dans d’autres domaines il est plus avoué) où j’ai travaillé deux ans, et on m’a dit après le débat que j’exagérais. La réponse mériterait un livre mais trois évolutions sont incontestables :

- le quantitatif prenant tout le pouvoir sur le qualitatif. Exemple : un prof d’université doit produire chaque année une quantité définie d’articles, de livres, la quantité servant de critère de l’importance de son travail.

- la violence sociale marquant des points comme jamais chez les enfants (par chance nos sociétés n’admettent pas encore que le port d’arme est gage de liberté)

- les mépris général envers le corps enseignant qui aux USA a toujours été moins considéré que l’ouvrier ce qui est bien pour ce dernier mais ne règle pas le problème. Bien sûr, il y a des filières d’excellences…

 Bref, un ministre avant de se lancer dans « l’inévitable réforme » preuve de son agitation, pourrait non pas lancer un grand débat-déballage mais affronter les conflits pour ce qu’ils sont, sans discourir sur le fait qu’il a la charge des enfants… Le pauvre ! JP Damaggio

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