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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 16:31

Avec le thème « femmes et cinéma » en allant d’Agnès Varda à Camille Claudel nous avons croisé deux mondes totalement opposés. D’un côté, dans Les plages d’Agnès, la cinéaste joue sa vie sous un angle créatif et paisible, alors que dans Camille Claudel si l’univers artistique est tout aussi créatif, la dimension tourmentée est bien connue. Pour le premier film, avec toute son érudition, Pierre Cadars avait situé Agnès Varda, dans une histoire du cinéma encore très peu féminine du côté des réalisateurs. Il a commencé par rappeler qu’encore en 1976, il surveillait les épreuves du Certificat d’études où pour les filles il fallait répondre à la question « comment préparer un biberon ? » et pour les garçons « comment fonctionne une roue ? » !

Pour le second film Guy Chapouillé (pilier de l’ESAV qui, l’après-midi, avait accompagné la découverte de beaux films), puis le réalisateur Bruno Nuytten nous ont permis d’approcher de l’intérieur ce film ancien mais toujours moderne, Camille Claudel. Approcher de l’intérieur signifie que derrière le couple Rodin-Claudel, il y avait Nuytten-Adjani. Le film est né sur le tournage de Barocco, du Tarn-et-Garonnais Téchiné où il y avait déjà Depardieu-Adjani en 1976 et Marilyn Goldin comme scénariste, personnages clefs de Camille Claudel. Adjani tenait à cette idée de film et après un parcours plein « d’incongruités » il sortira. Il y aurait pu y avoir une suite avec les rapports Paul Claudel et Camille Claudel.

Je ne connaissais rien de Bruno Nuytten mais son témoignage plein d’humanité, de prudence, de respect a, je pense, marqué les esprits.

Directeur de la photographie Bruno Nuytten a d’abord connu le monde du cinéma par l’œil du cadreur. Pour Camille Claudel, face aux refus essuyés, il accepta de prendre la plume, « ce qu’il n’avait pas fait depuis les rédactions du lycée », puis il se promena avec quatre cents pages sous le bras, et les producteurs les uns après les autres refusèrent de faire un film sur une artiste, jusqu’à ce qu’enfin son "scénario", donnant l’impression qu’on pouvait en tirer quatre épisodes pour Antenne 2, lui apporte les financements. Bien sûr ce scénario a ensuite été travaillé aves d'autres. La sculpture étant au centre du sujet, il lui a fallu trouver six sculpteurs pour aider à sa réalisation, car il n’était pas question de prendre des exemplaires d'un musée, ni d’en faire des copies.

Autant de détails qui mettaient en perspective le film projeté, et sa réalisation. Ce film projeté lui-même a posé des problèmes. Une copie a été retrouvée à la cinémathèque de Toulouse mais après vérification « l’antiquité » n’avait pas passé les épreuves du temps. Une forme DVD a fait fonction mais elle-même n’était pas à la mesure du film ! La projection a cependant était bonne avec, il est vrai, des gris plutôt noirs.

A une question du public Bruno Nuytten a accepté de répondre en révélant un peu de sa vie : enfant il a vécu, côté direction, dans un asile de « folles ». Il se souvient très bien qu’à noël les enfants du personnel recevaient un cadeau des personnes soignées et il a eu un ours en peluche avec des morceaux de tissus à l’intérieur. Pour lui, la folie, c’était les morceaux de tissus.

Une œuvre d’art comme Camille Claudel n’est pas une œuvre "froide" d’historien, mais un entrecroisement émotionnel entre les espoirs, le passé et le présent. Elle permettra enfin une large reconnaissance de l’artiste (une école de Montauban prendra ensuite son nom) et nous renvoie en 2011 à l’histoire même d’Isabelle Adjani.

Isabelle Adjani pourrait être l’invitée vedette de la prochaine édition des journées. Les combats de sa vie se croisent souvent avec ceux d’Olympe de Gouges.

Deux soirées très émouvantes qui en annonçaient d’autres puisque les journées ne s’arrêtaient pas là.

 

Olympe de Gouges a été présente par le rappel de l’article 11 de sa célèbre déclaration des droits de la femme. Je remercie Guy Chapouillé de l’avoir fait car, dans le contexte de la soirée, il prenait une autre dimension.

« Article 11

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

On peut constater sur ce point que l’article n’est pas une transformation d’un article de la déclaration officielle mais une question totalement vue sous l’angle féminin. En clair cet article signifie que la mère d’Olympe aurait dû pouvoir déclarer le nom de son père. Camille Claudel aurait pû être « fille-mère » mais elle a préféré avorter. J’avoue que je n’avais pas vraiment noté la belle formule : « cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. » !

29-03-2011 Jean-Paul Damaggio

 

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Published by éditions la brochure - dans olympe de gouges
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