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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 13:53

 

Les télés françaises, qui devraient être là pour nous éclairer, ont répété que les Non avaient gagné en Italie et montraient des journaux qui titraient : « Victoire du Oui ». Un détail de la vie ? Bien sûr que non car il s’agissait ainsi de cacher ceux qui ont obtenu l’organisation du référendum. Il fallait placer le téléspectateur français dans la situation qu’il connait : c’est le gouvernement qui propose un référendum et c’est le peuple qui dit NON car que  sait dire d’autre le peuple ?!

En Italie, grâce à une loi démocratique, la situation peut s’inverser. Le peuple dit OUI à un référendum qu’il propose lui-même, et le pouvoir dit : NE VOTEZ PAS ! pour invalider son résultat (en effet, s’il n’y a pas 50% de participation, le résultat du référendum n’est pas validé).

Donc si on met le doigt sur la victoire du OUI, ça suppose d’aller à la rencontre des militants qui ont réussi, après l’obtention de milliers et de milliers de signatures et après décision de la Cour constitutionnelle pour bien valider la forme des questions, à imposer leurs vues… pour cinq ans. Même ce jour là Berlusconi est encore sur le devant de la scène !



Les télés et autres médias préfèreront, pour leur propre gloire, et comme c’est la mode, dire qu’en fait c’est la victoire d’internet, afin, une fois de plus, de confondre le média et le message, le média faisant le message ! Il serait déplacé d’évoquer des comités, des mouvements concrets, qui utilisent internet c’est vrai, mais seulement après s’être donné la peine de construire une argumentation, de rassembler des adresses, etc.

Tout comme il faudrait prendre l’effet pour la cause, il faudrait prendre le tuyau pour le contenu. Même si je reconnais aux bouteilles de vin quelque originalité, je préfère le contenu au contenant.

Aussi, pour avoir un peu de contenu de cette bataille référendaire italienne, voici un entretien bref et direct avec Antonio Di Pietro, l’ancien juge devenu animateur d’un parti politique (Italia dei Valori) qui a été au cœur de l’action, et dont les réponses expriment à la fois une grande sagesse et une grande détermination. Bersani, le dirigeant du PD [le parti de gauche] qui a peu fait pour cette bataille arrive ensuite, avec des propos plus radicaux, en demandant la démission de Berlusconi. Car pour lui, comme pour les autres partis, seules valent les élections où on obtient des postes, et non les élections où on se bat pour des idées.

 A mes yeux, la victoire du OUI en Italie confirme non seulement le fossé existant entre les citoyens et la droite, mais aussi celui existant entre les citoyens et la gauche, d’où l’observation prudente de Di Pietro : dans des législatives, pour le moment, personne ne peut prévoir le gagnant. Cette prudence lui vient sans doute de son combat judiciaire des années 90 contre les magouilles (et pire) de la Démocratie Chrétienne et du Parti Socialiste italien (le secrétaire général de ce parti, Craxi, était parti se réfugier chez son ami Ben Ali où il est décédé) qui n’ont pas abouti à la victoire de la gauche mais à l’arrivée sur la scène politique de Berlusconi, un personnage plus corrompu encore que ceux qui venaient de tomber ! JPD

  

 

Voici un entretien avec le président Antonio Di Pietro (du parti Italia dei Valori), publiée le soir du référendum dans «Le Fait du jour ».

 

A sept heures du soir Di Pietro est encore le champagne à la main. Grande joie chez ses partisans. Nous nous rencontrons, il sourit, est clairement heureux. Ensuite, il s'excuse: «Attendez une minute." Il part voir les titres des TG3 [la chaîne un peu à gauce], et Antonio Di Pietro veut  les voir à nouveau pour vérifier ses déclarations ...

 

[Q] Etes-vous satisfait de ce qui est dit?

"Oui, oui, ça va ..."

 

[Q] Pourtant Bersani a fait plus que vous : il a exigé la démission du Premier ministre ?

"Le jour où Berlusconi a menacé, Piazza Navona, c'était moi, vous étiez là, et beaucoup d'autres personnes, à dire que ce pays ne mérite pas un tel gouvernement."

 

[Q] Mais aujourd'hui ...

"Aujourd'hui, nous sommes heureux d’être si nombreux et j’ai une conscience claire de ceux qui ont fait leur devoir."

 

[Q] Mais Bersani l’a entendu ?

"Oui, et nous nous sommes complimentés."

 

[Q] Et vous ne voulez pas de la démission de Berlusconi ?

"Vous voyez, le vote a été un référendum, et je pense qu'il est juste de respecter les électeurs, de droite, du centre et de gauche qui sont allés aux urnes."

 

[Q] Pragmatique ?

"Non, je pense que les mathématiques n e sont pas une opinion sur le vote général : la majorité des électeurs est allée voter et 95 pour cent ont dit« oui ». Dans le cas de consultations nationales il n'est pas dit que ce 95% ne devienne automatiquement un vote pour le centre gauche. Ce sont deux questions distinctes. "

 

[Q] Démission mise à part, demain que se passera-t-il ?

"Je travaille sur une nouvelle forme du parti Italia dei Valori.

 

[Q] Traduisez ?

"Je travaille à une reconstruction du pays qui passe par une alternative crédible. Berlusconi, laissons le à son sort. "

 

[Q] A quel moment vous vous êtes vous dit : « nous pouvons y arriver » ?

"Vous ne me croirez pas, mais je l'ai dit dès que nous avons commencé la collecte de signatures [500 000]. J'ai dit : «Nous devons faire quelque chose pour le pays, nous ne pouvons pas être le parti qui est né après le« Mains propres et ne rien faire » .

 

[Q] Donc, c'est le plus beau jour depuis que vous faites de la politique ?

"Vous voyez, quand ils ont arrêté Mario Chiesa [début de l’opération Main propres], tout le monde a sous-estimé l'aventure. Au lieu de cela, je me suis rappelé les paroles de ma sœur qui m'a dit : « Fais ton devoir et ils en paieront les conséquences ». Nous nous sommes battus, mais à présent, je suis heureux de ce que j'ai fait, comme le résultat d’aujourd'hui. "

 

[Q] Quand vous avez rencontré vos militants ils vous ont accueilli avec Bella Ciao. Vous l’avez chantez aussi ?

" Bien sûr, c'est une chanson qui exalte le désir de liberté, le désir de libération. Je me retrouve dans ce que nous vivons dans notre pays. "

 

 

 

 

 "

 

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