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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 14:54

Il n’y a de vie possible que grâce à un couple et aujourd’hui on a beau m’expliquer qu’il y a du féminin dans le masculin et l’inverse - jusqu’à l’existence de transsexuels-, je maintiens mon propos.

Le temps de reproduction n’est qu’un moment bref de la vie et pour les humains le droit au plaisir a pris, plus ou moins, toute sa place dans l’acte sexuel, mais la réalité première reste la même : aucune vie n’est possible sans être deux (l’escargot est une des exceptions qui confirment la règle).

 Le couple économie / politique

Dans l’histoire humaine le couple s’appelle : économie / politique.

La droite s’est toujours située du côté de l’économie et la gauche du côté du social donc du côté du politique. Bien évident, je parle pour le moment, de la réalité première, la réalité inévitable, et non pas de la réalité représentative que je mentionnerai plus loin.

Comme pour tout couple il a fallu inventer une règle de vie et elle s’est appelée la démocratie. Une sorte de contrat de mariage ! Là aussi je ne parle pas des conséquences et inconséquences de la démocratie, mais de la démocratie première, la démocratie inévitable. Elle n’est rien d’autre que l’acceptation par la majorité de l’existence de la minorité. Liberté de la presse, de réunion, élections et j’en passe, ne sont que des conséquences et parfois des inconséquences du fait premier.

La démocratie inconséquente peut prendre des formes très perverses et la plus terribles s’appelle le paternalisme. Dans ce cas, la majorité, dans sa grande générosité, accepte l’existence d’une minorité qu’elle s’acharne à infantiliser, une minorité qui appelle de ses « vœux » la présence d’un père ! Le mal est son remède ! Je ne confonds pas cette forme avec la négation si fréquente de la minorité (pouvant aller jusqu’à son élimination temporaire) par la majorité.

 Naturellement, au sein de la gauche comme de la droite, il existe une aile gauche et une aile droite, le centre ayant pour vocation de tenir l’équilibre.

L’aile gauche de la droite a toujours voulu faire dans le social.

L’aile gauche de la gauche a toujours voulu que la politique occupe tout le champ de l’économique.

 Le couple droite / gauche

Mais que se passe-t-il dans le cadre de la représentation politique ? Il ne s’agit pas ici de se lancer dans l’étude plus ou moins grossière de ce qu’on appelle parfois le théâtre politique car le souci de la simplification me contraint d’en rester aux réalités premières.

La représentation politique est le lieu par excellence qui permet de découvrir aujourd’hui, qu’en fait, la fracture inévitable entre l’économique et le politique aurait disparu. Donc le couple n’existerait plus pour deux raisons :

Le capitalisme a entrepris une révolution ;

La gauche n’a pas su voulu ou pu conduire une contre-révolution pour faire apparaî-tre la fracture des temps actuels.

Marx n’a jamais cessé de le répéter : le capitalisme a pour fonction de révolutionner en permanence toute la société donc il est l’adversaire de la droite classique faite de conservateurs, de réactionnaires, d’hommes tournés vers le passé.

La gauche progressiste a donc été dépassée sur son propre terrain !

La fin des couples anciens

Malgré Marx, la révolution du capitalisme est apparue comme un oxymore : dans la tradition anarchiste ou communiste, le capitalisme peut muter sans se révolutionner car depuis le XIXe siècle la révolution est la suppression même du capitalisme.

Oui, le capitalisme subit le plus souvent des mutations (le néolibéralisme par exemple) mais il a provoqué aussi sa propre révolution qui a donné ce que Michel Clouscard a appelé le capitalisme de la séduction, un autre oxymore qui est pourtant une réalité majeure.

La production économique a cessé d’être à un moment le fruit de la logique économique pour devenir le fruit du marketing pris au sens politique et non seulement technique. On va chercher le bien-être social et produire en fonction de telles études plus sérieuses que beaucoup ne le pensent !

Hier, le développement du rail a considéré l’homme comme une des marchandises marginales à transporter, car l’essentiel de la logique économique était de transporter des matières premières.

Depuis 1945, dans les pays phares du capitalisme, la révolution s’est produite quand la production économique a été élaborée à partir d’une analyse des besoins humains pris individuellement, afin de séduire ! L’homme n’est plus une marchandise, il est la référence majeure. Le succès de facebook n’est pas un produit du monde économique ancien mais un produit du monde marketing.

Cette révolution ne change rien dans le cœur du capitalisme, à savoir la domination d’une classe sur une autre, mais cependant change tout dans la société car la vie n’est pas faite que de dominations.

Le social n’est donc plus l’adversaire mais peut devenir un complice !

L’Etat n’est plus un instrument de la classe dominante mais devient une entreprise parmi d’autres, y compris l’entreprise éducation nationale !

Bref, il n’y a plus ni droite ni gauche pour la simple raison que la gauche, n’ayant pas su, ni anticiper ni réagir à la révolution du capitalisme de la séduction, n’a pas contribué à la construction d’une nouvelle fracture adaptée aux réalités premières naissantes et capable de se substituer à la précédente !

Conséquence pratique : il ne s’agit plus de lire Marx mais de le comprendre à la lumière des temps présents !

 L’anti-productivisme

Cette révolution du capitalisme s’appuie sur un phénomène qui est l’explosion des acquis de la science. L’histoire de la science n’est pas seulement l’accumulation de connaissances mais la relecture en même temps des connaissances passées. Un effort souvent raté concernant les découvertes de Marx qui ont été figées, dogmatisées au moment où elles devaient devenir plus dialectiques !

La chute de l’URSS n’a pas été la victoire du capitalisme sur le socialisme mais l’incapacité du socialisme à découvrir la révolution dans le capitalisme. Confusément, Gorbatchev, qui n’a pu être le liquidateur d’un système déjà liquidé, a pensé à une révolution dans le socialisme, mais il était d’autant plus loin du compte que les forces communistes dans les pays capitalistes ont été incapables de penser un communisme des temps présents alors qu’elles étaient face à l’adversaire majeur !

Au risque de choquer je prétends que les partis communistes du monde ont été pour une bonne part les responsables de la chute de l’URSS ! Ils ont eu ensuite la réponse facile : étant soumis au Centre ils ne purent voler de leur propre intelligence. Par exemple : dans les pays capitalistes, les partis communistes pouvaient observer que les acquis sociaux (congés payés et retraites) permettaient la naissance de ce qui allait devenir la première industrie mondiale, le tourisme ! Au contraire, le capitalisme en a tiré les leçons. Son capitalisme de la séduction n’est rien d’autre que l’inclusion dans son mode de production des souhaits populaires ! Qu’il le fasse à son service et non pour se suicider, c’est la moindre des choses !

 Un autre couple

Nous arrivons au point crucial : mais alors si le couple premier économie / politique n’existe plus, alors qu’à l’évidence, la lutte des classes (relue par Marx) continue d’être la ligne de fracture, où est fracture ? Sans déterminer cette fracture nous ne déterminerons pas un nouveau rapport droite/gauche !

Je prends un exemple que j’appuie sur une lutte sociale à laquelle je participe depuis cinq ans : la question du rapport à la grande vitesse ferroviaire. J’ai pu noter cent fois que chez des citoyens les plus divers, de droite ou de gauche, le raisonnement social et économique pouvait se rejoindre pour dire : « priorité aux lignes du quotidien », une formule reprise par quelques autorités mais sans les décisions adéquates.

A partir du moment où les moyens de production permettent aux hommes de satisfaire leurs besoins élémentaires, repensons le cas des autres besoins.

Les famines, qui existent toujours, sont les vestiges du passé que le système maintient en place pour mieux valoriser sa forme actuelle de capitalisme de la séduction : « Voyez ce vous pourriez souffrir si nous n’étions pas là pour assurer votre bonheur ! ». L’immigration est devenue l’éloge le plus parfait (car involontaire) du capitalisme de la séduction !

Le capitalisme de la séduction serait donc le producteur de la quantité et le socialisme deviendrait celui de la qualité ? La fracture serait quantité/qualité ou comme je l’entends parfois avoir/être ? Le proverbe est connu : « l »argent ne fait pas le bonheur » ce à quoi il est utile d’ajouter : « l’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas ! » Bref, cette fracture est problématique. Nous savons déjà avec le capitalisme vert que le chantier de la qualité peut, comme les congés payés, devenir une industrie lucrative !

 Le cœur de la fracture n’est autre que l’anti-productivisme sauf que le terme négatif n’est pas du meilleur effet d’autant que des anti-productiviste par esprit « anti » sont prêts à y mettre n’importe quoi.

Le marxisme est l’éloge le plus grandiose du producteur, ce dernier devenant même, presque naturellement, le fossoyeur du capitalisme. L’anti-productivisme tend à le marginaliser ou pire à le ridiculiser ce qui convient à un capitalisme où l’ouvrier pèse moins en tant que producteur qu’en tant que consommateur !

 Or l’anti-productivisme peut assurer un retour au premier plan du producteur mais du producteur réel. L’ouvrier, actuel rouage du système productif a dû accepter de n’être qu’un des rouages : il peut se changer en un rouage conscient !

Les hasards de la vie ont fait qu’un jour, à Bruniquel, Michel Clouscard est venu frapper à ma porte (vers 1995) pour me dire : mais dans mon analyse du capitalisme que devient le rôle révolutionnaire de la classe ouvrière ? Il savait que je serais sans réponse mais il avait envie de réfléchir à haute voix avec un citoyen ordinaire. La disparition de la classe ouvrière n’est pas une question originale sauf que chez lui elle était signe d’inquiétude quand pour tant d’autres, elle est signe de soulagement.

La classe ouvrière, quand elle est conduite à limiter la casse sociale en demandant les plans sociaux les plus avantageux, met à mal le mythe ancien de son aspiration à faire la révolution… quand elle cherchait surtout à vivre autre chose que sa condition de classe ouvrière ! C’est là la différence majeure avec la classe paysanne : la grande majorité des paysans ont vécu comme un arrachement total leur arrivée en ville, alors que les ouvriers pouvant devenir des artisans, ou ingénieur par une promotion interne, ont vécu cet arrachement à leur classe comme une libération ! Quand par contre le chômage frappe c’est autre chose. Pour dire que l’analyse du rôle de la classe ouvrière (toujours présente) suppose d’abord de sortir du mythe.

 La classe ouvrière ne sera classe ouvrière que par la conscience de sa solidarité à part égale avec le reste de la société. Elle restera au cœur du processus productif si elle comprend par exemple, que les recherches en marketings peuvent se révolutionner en devenant utiles à tous, et pas seulement au maître de la production !

Pour rester dans le cas du ferroviaire, prenons l’exemple de la dernière grève des cheminots. Avec eux, je pense qu’un bon statut des cheminots c’est la condition de la sécurité, de la qualité mais ce bon statut ne peut pas être la seule défense du statut ancien, car tout citoyen sait qu’un conducteur de train hier et aujourd’hui ne travaille pas dans les mêmes conditions ! Leur grève est apparue comme tournée vers le passé car reposant surtout sur la défense d’intérêts particuliers. Pour le moment, une grève contre le système du tout LGV est impensable pour les cheminots car le TGV c’est leur fleuron, leur vitrine : sur le camion du CE cheminot d’une région ce n’est pas un TER moderne qui est peint mais un TGV ! A repenser leur rôle, ils peuvent repenser leurs liens avec l’essentiel des usagers sans lesquels ils ne gagneront aucunes luttes.

L’anti-productivisme ne dit pas qu’il faut cesser de faire des trains mais qu’il appartient, y compris aux cheminots, de réfléchir au train du futur en dehors d’une logique capitaliste du toujours plus vite, la logique actuelle de la SNCF qui pour moi n’a strictement rien de différent des autres entreprises capitalistes, sauf que l’histoire maintient un statut spécial pour ses employés. D’ailleurs à la SNCF la part du ferroviaire est presque minoritaire !

 Produire pour se reproduire / produire pour se souvenir, voilà, sans doute mal exprimé, la fracture à construire entre droite et gauche. La droite veut produire pour se reproduire condition majeure du maintien du système. La gauche devra produire pour se souvenir, j’entends par là pour rêver et exister en tant qu’humanité.

 

Jean-Paul Damaggio

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