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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 12:16

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 Sur la photo : Premier plan : Brice Torrecillas puis en suivant : Agnès Spiquel en discussion avec une responsable de Confluences, Maïssa Bey, Franck Planeille, Kamel Daoud. Sur le mur une affiche où l'on voit Maurice Petit l'âme de Confluences.

 

Nous avons passé la journée en notre capitale pour suivre des rencontres sur Camus et l’Algérie, et les interventions sur les correspondances de Camus avec d’autres écrivains.

Ici nous n’évoquerons que le premier point déjà important en soi. Pour cause de diverses rencontres, nous connaissions les trois écrivains algériens invités et nous étions intéressés par les propos qu’ils pourraient tenir au sujet de Camus.

Nourredine Saadi a en fait été remplacé par le Toulousain Abdelmadjid Kaouah, exilé politique des années 90, poète et militant très connu à Toulouse parmi les amoureux de l’Algérie. Il a apporté une connaissance utile sur les rapports sur le sujet. Pour aujourd'hui je ne retiens que le clin d'œil aux liens entre Montauban et l'Espagne qui devraient rendre la ville attentive aux liens entre Camus et l'Espagne.

Maïssa Bey s’est un peu effacée devant la spécialiste à ses côtés, Agnès Spiquel.

Celui qui a été le plus direct, le plus significatif, celui qui a apporté ce que nous ne trouverons pas dans les livres, est celui dont nous attendions le moins : Kamel Daoud.

Né en 1972, il fait partie de la jeune génération dont la préoccupation n’est plus de savoir comment s’est déroulée la guerre d’Algérie avec la France, mais comment sortir de la crise actuelle où le « Livre tue les livres » ! « Pas question de chercher à sauver Camus, je cherche seulement à me sauver moi-même et donc mon pays d’aujourd’hui ».

Kamel Daoud a écrit un roman à partir de L’Etranger et en toute chose, il dit clairement la réalité. Il avait écrit une chronique comme il le fait tous les jours dans son Quotidien d’Oran et son éditeur l’invita à pousser le bouchon plus loin. D’où son roman qui part du constat que dans L’Etranger, l’indigène n’est nommé que par ce seul nom : L’Arabe. Et il n’en fait pas un point de fixation sur les rapports entre France et Algérie. Il fait plutôt le rapport avec Robinson Crusoë où Robinson n’est pas capable de nommer le Noir à son service qu’il désigne du nom de Vendredi. Son roman n’est pas une gifle infligée à Camus, bien au contraire. Kamel demande de rapatrier les cendres de Camus à Alger ! Une boutade ? Les consciences ont besoin de telles boutades pour avancer !

Je pense que rares sont ceux qui l’ont cru quand il révéla qu’un journaliste du Monde lui avoua : « Tu peux dénoncer Bouteflika plus que je ne peux dénoncer Sarkozy, dans mon journal ! »

Car l’Algérie est ainsi faite qu’après 1988 est née une presse libre, avec des journalistes de talent qui se battent : « Face aux abus de pouvoir, il faut dénoncer les abus d’obéissance ». Kamel n’a pas besoin de chercher à plaire ou à déplaire.

J’ai moi-même découvert cette presse phénoménale dès 1989 car Algérie Actualité arrivait alors dans un kiosque à Montauban. Et je suis heureux qu’un journaliste parmi d’autres ait pu évoluer et en arriver à dire la possible Algérie démocratique de demain. Il a été islamiste et pour se libérer de la dictature du Livre, il rappelle comment, au nom de Dieu, Camus est envoyé encore au cimetière, car le monde ne peut pas être absurde comme le dit Sisyphe, car l’individu ne peut pas être autonome comme dans la philosophie de Camus.

Sur bien des points je peux me trouver en désaccord avec Kamel Daoud mais invité à Montauban à parler de Camus, j’ai aimé sa façon de sortir de l’exégète pour rester accroché à la vie d’aujourd’hui. Bien sûr, inutile de croire que ce journaliste n’en a rien à faire de l’histoire, du passé, mais à condition de pouvoir se battre aujourd’hui, face aux adversaires d’aujourd’hui, pour sortir de la merde d’aujourd’hui.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

Pour terminer la soirée nous avons eu une lecture magistrale de Maurice Petit : L’Hôte une des six nouvelles de L’exil et le Royaume (publié en 1957) et, avec les propos de Daoud dans les oreilles, le texte de Camus prend une autre dimension. La solitude de l’instit dans le désert algérien, « héros » de la pièce, qui ne nomme jamais autrement que l’Arabe, l’homme qu’il a en face de lui, sera finalement victime d’une injustice en marche, preuve que parfois la logique ne fait pas l’histoire.

Maïssa Bey expliquera, qu’en fait, cette dénomination n’est rien d’autre que le reflet d’une époque que Camus veut rendre, et Agnès Spiquel ajoute qu'il laissait à ses amis, les écrivains algériens, le devoir d’écrire l’histoire avec l’autre point de vue. C’est bien gentil mais dans le cas de l’Hôte, l’instit plutôt attentif à son seul compagnon aurait pu lui demander son nom, même si, à l’époque l’Arabe, est si invisible qu’on l’appelle seulement l’Arabe. J-P Damaggio

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