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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 10:11

Après un voyage en Tunisie à l’automne 2007, voici les deux étapes d’une fable intitulée : Sfax m’a appris le silence. Je vous propose pour croiser un vieux thème : les rapports entre l’occident et l’orient. La suite devrait suivre la semaine prochaine. Jean-Paul Damaggio

 

Sfax

 

Des savants prétendent que je suis le plus propre de tous les animaux, ce que je ne peux confirmer faute de connaître les animaux, et le sens du mot propre. Je préfère me passionner pour l’étude du bruit dont j’analyse l’évolution par des séjours répétés dans une ville voisine de ma demeure qui s’appelle Sfax.

J’ai pu y découvrir, voici une vingtaine d’années, que le bruit inévitablement provoqué par le désordre, a été supplanté par le bruit tout à fait évitable que suscite l’Ordre.

Vous allez croire que mes études sont très élaborées or, si vous observez ma nature, c’est impossible ! Je note seulement les évidences qui me surprennent et la plus ancienne est la suivante : le désordre fait du bruit pour se faire entendre de l’Ordre qui aime imposer « silence » dans les rangs. Autrefois, c’est d’ailleurs le bruit du désordre qui m’a fait fuir vers le désert.

Pourquoi donc ce changement, cette nouvelle évidence, qui fait de l’Ordre, le plus grand pourvoyeur du bruit, afin de mieux prendre ainsi le désordre à son propre piège ? Cette question qui dépasse ma modeste intelligence, m’incite à une nouvelle incursion dans Sfax pour y compter les points marqués par l’Ordre. Mon père m’a invité à percevoir tout le bruit fait autour de deux mots : Occident et Orient.

 

Mon père est de la génération du bruit fait autour des mots Est-Ouest, un bruit qui appartenait autant au désordre qu’à l’Ordre. Certains disaient même que le désordre venait de l’Est et que l’Ouest avait pour fonction de le contenir. Aujourd’hui, le glissement de vocabulaire, après un court passage par le bruit autour des mots Nord-Sud, n’est pas seulement un glissement de vocabulaire. Mon père craint que le bruit Occident-Orient, n’assure la victoire définitive de l’Ordre, ce qui ne changerait rien à sa vie ni à la mienne, mais parfois, la curiosité qui nous habite dépasse l’intérêt que l’on trouve ou pas en toute chose.

 

A Sfax, il y a un chat de mes amis qui vit chez un loueur de voitures et qui me sert d’aide dans mes recherches. C’est en arrivant chez lui, en pleine nuit, que j’ai entendu le petit bruit d’un appareil couplé à un téléphone d’où est sorti une feuille de papier qui allait changer ma vie. Ce chat, plus familiarisé que moi avec de tels appareils, car proche de la vie des humains, put me faire la lecture du papier :

 

« Mon cher Fennec,

Je souhaite que ton retour à Sfax soit le début d’un grand voyage vers le nord du pays, car c’est le meilleur moyen pour répondre à la mission dont ton père t’a chargé. Tu trouveras dans ce voyage tous les exemples appropriés pour comprendre comment l’Ordre se sert du bruit qu’il propage sur l’Occident et l’Orient parfois appelé « choc des civilisations ». Tu as trois étapes à franchir : Monastir, Tunis et Bizerte. Peut-être, au bout du chemin, te seras-tu fais une raison ?

Ton guide involontaire Ibn Khaldoun ».

 

J’avais oublié de vous informer que je suis un fennec tunisien ! Quelle tête de linotte !

Pour marquer d’une grande pierre blanche ce document, je décide de l’appeler un Fax et j’en remercie l’auteur que je trouve bien généreux de vouloir aider le minable animal que je suis, d’autant que ce n’est pas dans ses habitudes de penser aux animaux. Ibn Khaldoun (27 mai 1332 - 17 mars 1406) fut, sa vie durant, un observateur très attentif de la civilisation humaine où la nature était absente. Mon ami que s’appelle donc Le Chat pense que depuis sa mort Ibn Khaldoun a peut-être fini par perdre toute confiance envers les hommes, dont certains croient que la vérité n’existe même pas !

Bien sûr, cette quête infinie de la vérité rencontre des obstacles majeurs et l’un des plus grands reste d’une brûlante actualité. Le Chat peut m’en citer la présentation faite par l’érudit de la fin du Moyen-Age :

« Il y a la recherche des faveurs des grands et des gens hauts placés : on chante leurs louanges, on les flatte, on les dépeint sous un jour avantageux et on répand ainsi leur renom. On produit ainsi de la sorte des informations qui s’écartent de la vérité. L’âme humaine a soif de louanges, et les gens sont attirés par les succès mondains et les moyens d’y parvenir, tels le rang et la richesse. Le plus souvent, ils sont peu portés à la vertu et ne s’intéressent guère à ceux qui la pratiquent » (1).

 

Avant de nous diriger vers la gare de Sfax pour entamer le voyage (en ce lundi 24 mars nous prendrons celui de 5h 25), le Chat et moi, nous errons sur la plage pour nous raconter les derniers exploits de nos vies respectives.

Le Chat me raconte une vieille blague qui circule au sujet des habitants de Sfax. Un jour, un homme se présente au journal local pour faire passer une annonce concernant le décès de sa mère. L’employé lui demande : « que dois-je mettre ? » et l’homme répond : « mère décédée ».

L’employé, comprenant qu’il s’est mal exprimé, précise : « Le prix est le même jusqu’à trois lignes, vous pouvez compléter votre annonce sans frais supplémentaire ».

Et l’homme, ravi, propose la formule suivante :

« mère décédée. Vends 4L bon état. »

 

Nous avons bien ri et j’ai ajouté ma propre histoire plus banale. La plage de Sfax va être dépollué et il fallait faire appel à une entreprise. Les Français diraient que c’est une histoire belge car l’entreprise est belge et a déjà participé à un projet qui lui donne des lettres de NOBLESSE : le méga projet « Palm Island » à Dubaï. Je n’ai rien à dire du nom anglais du projet de Dubaï mais tout à dire du nom de l’entreprise : JAN DE NUL.

 

Le Chat m’indique alors que le projet de Sfax s’appelle Taparura, un nom énigmatique. Nous marchions encore à ce moment-là sur la partie de plage déjà dépolluée (les travaux ont commencé le 6 avril 2006) quand nous nous sommes rendus compte de l’heure. Il fallait se dépêcher, le train n’attend pas.

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