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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 09:36

La fameuse croissance n’étant que la croissance du PIB. Cette dernière étant surtout devenue possible que par le développement de la marchandisation (des privatisations, des brevets pour le vivant comme les graines etc.), la décroissance doit d’abord être la décroissance de la marchandisation, titre d’une brochure à 5 euros, 64 pages, de Jean-Paul Damaggio ISBN : 2917154212. Ci dessous vous avez un chapitre de la brochure.

 

Carlos Slim : l’homme le plus riche du monde

 

En 2007 le roi Bill Gates a été détrôné de sa première place au classement de l’homme le plus riche du monde publié chaque année par la revue Fortunes. Qui a osé ce crime de lèse-majesté ? Ni plus ni moins qu’un Mexicain !

Ceci étant, de par son nom, on devine déjà que Carlos Slim, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est qu’à moitié Mexicain. D’une famille aux origines libanaises, c’est au Mexique qu’en peu de temps, il a gravi les marches du podium. En 2006, il occupait la deuxième place mais cette fois c’est acquis, il est le premier ! Par quel mystère ? Par quel travail harassant ? L’étude de son cas pouvant nous éclairer sur la question de la croissance, nous allons nous y attarder.

A soixante sept ans, Carlos Slim est à la tête d’une fortune de cinquante trois milliards de dollars qui lui permettent de gagner chaque seconde environ mille dollars. Calculez donc combien il aura à la fin 2008 ! Pour donner un autre ordre de grandeur, sa fortune représente 8% du PIB du Mexique.

Pour la légende, les experts retiennent de son enfance qu’à l’âge de 12 ans, avec l’argent de son livret d’épargne, il acheta des actions de la Banque nationale de Mexico.

Il est devenu ingénieur ce qui lui laissa ce nom de profession en surnom, mais il a préféré ensuite être ingénieux qu’ingénier. Tout son travail consiste à gagner des parts de marché. Son mariage fut, de ce point de vue, une réussite, tout comme la joyeuse naissance de ses six enfants.

Les acquisitions de gros calibre ont commencé en 1981 avec l’achat de Cigatam qui, outre les gros cigares, est une entreprise qui produit la célèbre marque Malboro. Dans la lancée Carlos s’est spécialisée dans l’achat d’entreprises en déroute de n’importe quel secteur pourvu qu’elles soient bradées. L’histoire ne dit pas exactement ce qu’il est advenu de tels achats sauf pour les Ciments mexicains (Cemex) achetés vingt-six millions de dollars et qui valent mille fois plus : vingt six milliards de dollars.

En fait, l’essentiel s’est produit seulement en 1990. L’entrepreneur entreprenant, en accord avec le président du Mexique dont il n’est pas inutile de dire qu’il s’appelait Carlos Salinas de Gortari, acheta à bas prix la compagnie nationalisée de téléphone : Telmex. La Révolution française, par la vente des biens nationaux, construisit une bourgeoisie à sa mesure. La Contre-révolution conservatrice des années 80, par la vente des entreprises nationalisées, s’est fabriqué une bourgeoisie à sa mesure. La croissance de la fortune de Carlos Slim a un secret simple : la croissance de la marchandisation.

Comment sont nées les entreprises nationalisées avec pour premier cas celle du pétrole au Mexique, en 1936 ? D’une coïncidence ! La convergence d’intérêts des forces progressistes et capitalistes incita l’Etat à construire les infrastructures qui favorisaient le bien commun, et facilitaient le développement industriel. C’est vrai pour le téléphone, même si ça l’est moins pour les transports, puisque les voies ferrées construites souvent avec les subventions publiques appartenaient au départ, à des compagnies privées qui ont été parfois nationalisées.

Au tournant des années 80-90, le privé se mit en chasse d’entreprises nationalisées. Carlos Slim accéda donc ainsi à son propre royaume : la téléphonie mexicaine qu’il compléta par un quasi monopole en matière de téléphonie mobile avec America Movil. Il contrôle 90% du marché et fixe les tarifs qui sont les plus hauts de la région.

A partir de cette force acquise sur le marché mexicain, Carlos Slim a pu s’engager dans l’achat des entreprises nationalisées des autres pays d’Amérique latine. Il n’est absent que dans deux pays de cette région : la Bolivie et le Venezuela ! Au Pérou par exemple il est le propriétaire de Telmex et Claro.

Pendant que trois de ses enfants gèrent l’empire, le bon Carlos prend plaisir à voyager pour manger à la table d’illustres personnages. Il soigne tout particulière-ment ses relations avec les présidents des diverses républiques. Pas plutôt en place, Alan Garcia le Péruvien le reçoit à sa table. En Argentine, on ne sait s’il soutient Nestor Kirchner ou s’il prépare l’élection de l’épouse du président, Cristina Fernandez. Cependant, il n’oublie pas d’alimenter ses amitiés avec des intellectuels : Carlos Fuentes, par ailleurs ami du milliardaire vénézuélien Gustavo Cisneros, est un des membres notoires de sa cour.

Une telle puissance économique pourrait-elle, comme Berlusconi, aspirer à des fonctions politiques ? L’homme s’en défend : il préfère se présenter en soutien de TOUS les hommes politiques en vue, y compris au Mexique, le candidat de gauche malheureux à la dernière présidentielle, Lopez Obrador. Il y a trois fondations qu’il appuie et qui bénéficient de cinq milliards de dollars !

(Le chapitre étudie ensuite les fortunes des pays arabes). A suivre.

juin 2008 Jean-Paul Damaggio 

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Published by éditions la brochure - dans ecologie décroissance
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